Métaphysique des tubes

Jun 08 2011

metaphysiquetube

J’ai lu récemment Métaphysique des Tubes de Nothomb, une autobiographie speculative de ses premiers jours. Ça fait la première partie d’une autobiographie que continue dans Biographie de la faim, qui raconte sa vie de quatre ans jusqu’à vingt ans (à peu près). Les deux livres ne sont pas des autobiographies dans un sens littéral, mais ils poursuivent la vérité de sa vie à travers des spéculations, des exagérations, et des embellissements de son imagination. On ne peut pas comprendre ces romans sinon qu’on apprécie cette manière de présentation d’elle-même. Lorsqu’on lit ces romans, on sait que l’écrivain est une âme malade, mais on connaît une âme, effectivement au fond la même âme, qu’elle construit, grâce à  son écriture. Métaphysique des Tubes conclue avec sa tentative de suicide : « Ainsi s’acheva ce qui fut ma première — et, à ce jour, ma seule — tentative de suicide. » (170). Cette histoire suit sa relation aux carpes dont elle est responsable, qu’elle nomme Jésus, Marie, et Joseph. Elle déteste ses carpes et ils provoquent une réaction qui exprime son attitude à l’égard de la vie : « Entre la vie — des bouches des carpes qui déglutissent — et la mort — des végétaux en lente putréfaction –, qu’est-ce que tu choisis ? Qu’est-ce qui te donne le moins envie de vomir ? » (159). Son écriture est une defence contre cette sombre philosophie de la vie. C’est une philosophie qui crée de beaux romans, dans le cas de Nothomb, pareille à un grain de sable qui crée un perle, dans le cas d’une huître.

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